01 mai 2011

Nicotine

dead_man__s_wife__by_error_Dimanche.
Jour férié.

Le jour où trouver un magasin ouvert est aussi facile que de chercher un œuf en chocolat dans une forêt de trois cent hectares.

Et plus de clopes.

On a bien choisi notre jour, pour manquer de nicotine.

Je fume frénétiquement les mégots qu’il reste, en me répétant que bordel, va bien falloir que j’arrête ces conneries.

Quand j’y pense, au collège, au lycée, j’étais une sainte anti-tabac. Mes amies fumaient dans notre chambre d’internat, je simulais des crises d’asthme pour les faire arrêter. A chaque exposé libre, je choisissais le thème du tabac, heureuse d’être une des rares à ne pas tomber dans le panneau et se foutre totalement de ressembler à ses congénères.

A dix-huit ans, je décide de m’acheter un paquet parce que je vais mal, que je ne mange plus, et qu’on menace de m’envoyer dans une clinique psychiatrique. Y’a de quoi fumer, quand même. Je trouve ça dégueulasse, mais après tout, faut rentabiliser le paquet. Alors je fume tout, et j’en rachète un. En clinique, ce fut ma seule occupation constructive : fumer et rencontrer des fumeurs. L’un d’eux me donnait des paquets, alors j’ai fumé, et depuis, j’ai beau essayer d’arrêter, je n’y arrive pas. C’est le geste, surtout. La fumée. Physiquement, j’ai vécu bien pire lors de sevrages médicamenteux. Mais psychologiquement, je suis accro.

Ma respiration siffle, je tousse, on dirait que ça fait vingt ans que je fume. Pathétique. Faut que j’arrête. Je sais pas comment, mais faut que j’arrête.


Posté par Elannesse à 21:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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